Des livraisons silencieuses et propres
Concerne aussi : Industrie, Alimentation
Genève en 2061
En 2061, les livraisons à Genève sont silencieuses et propres. Les marchandises arrivent dans des centres logistiques en bordure du centre, souvent par le rail, et parcourent le dernier kilomètre en vélo-cargo ou en camionnette électrique silencieuse, en dehors des heures de pointe. Les colis attendent dans des consignes partagées près de chez soi au lieu de traverser la ville plusieurs fois. Les petites livraisons urgentes volent par drones silencieux, en nombre limité et sur des routes définies. Surtout, beaucoup moins de marchandises doivent venir de loin : une grande partie de ce que les Genevois mangent et utilisent est produite dans la région.
Le marché proposait aussi de nombreux autres produits de la ferme : miel, poulet grillé, saucisses, fromage, etc. Les odeurs étaient intenses et variées.Grooters, Livre 1, Partie 16 « 2061 »
Genève aujourd’hui
Environ 480 000 mouvements de véhicules professionnels traversent le canton chaque semaine
Cela représente environ 5 à 10 % du trafic routier. En tonnes, les poids lourds suisses transportent 55 % des marchandises, les poids lourds étrangers 21 %, les véhicules légers 10 % et le train 14 %. Le transport par rail a augmenté de 32 % entre 2015 et 2021, contre 6 % pour les poids lourds suisses, et les professionnels s’intéressent de plus en plus aux vélos-cargos.
Source : Office cantonal des transports, présentation sur le transport professionnel aux États généraux des mobilités (septembre 2023)
- Dans le cadre de son plan d’action 2019–2023, Genève a mis en place des « nano-hubs » pour la cyclologistique, un réseau de consignes à colis multi-opérateurs et une plateforme de transbordement route-rail pour les matériaux de chantier (même source).
- Le canton signale deux obstacles principaux : le manque d’espace public et le prix élevé du foncier au centre pour créer des centres logistiques, ainsi que les règles sur le bruit et les horaires des poids lourds, qui rendent difficile le décalage des livraisons en dehors des heures de pointe (même source).
Là où c’est déjà fait
- La Poste suisse et le fabricant de drones Matternet ont transporté par drone des échantillons de laboratoire entre des hôpitaux à Lugano, à Genève et à Zurich. À Zurich, les drones volent de manière autonome sur un trajet de 2,5 km entre l’Hôpital universitaire et un campus universitaire, au-dessus des forêts lorsque c’est possible, et arrivent deux fois plus vite qu’un coursier par la route.
- Albi (France) s’est fixé en 2014 l’objectif de nourrir sa population avec des aliments produits dans un rayon de 60 km. La ville a préempté 8 hectares d’anciennes terres maraîchères et y a installé des maraîchers bio. L’échéance de 2020 s’est révélée irréaliste : une ville de la taille d’Albi aurait besoin d’environ 18 000 hectares pour se nourrir, et l’élu responsable a reconnu avoir choisi cette date parce qu’elle marquait la fin de son mandat. La démarche montre pourtant comment une ville peut commencer à produire davantage de sa propre nourriture.
Où en sommes-nous ?
Déjà réalisé ailleurs Une ville ou un pays le fait déjà. Genève n’a plus qu’à l’adapter.
Le chemin vers 2061
Étapes proposées pour la discussion.
- 2027Genève se fixe un objectif pour la part des livraisons du dernier kilomètre effectuées en vélo-cargo ou en véhicule électrique, et crée son premier centre logistique raccordé au rail.
- 2031Des consignes à colis partagées se trouvent à quelques pas de chaque logement, et les livraisons au centre-ville se font uniquement en vélo-cargo et en camionnette électrique silencieuse.
- 2041Un réseau de centres logistiques raccordés au rail approvisionne la ville, et des drones silencieux assurent les livraisons médicales urgentes sur des routes définies.
- 2051Une grande partie de ce que Genève mange et utilise est produite dans la région, si bien que beaucoup moins de marchandises parcourent de longues distances.
- 2061Comme le constate Verity, les seuls véhicules en ville sont des camionnettes de livraison électriques et silencieuses.
Ce qui la fait avancer
Les besoins humains qu’elle sert
Questions ouvertes
- Combien de drones une ville peut-elle accepter avant qu’ils ne deviennent une nouvelle source de bruit et de nuisance visuelle, et qui décide où ils peuvent voler ?
- Où Genève peut-elle trouver de la place pour des centres logistiques, alors que le foncier au centre est si rare et si cher ?
- Avant de rendre les livraisons plus efficaces : quelles marchandises doivent vraiment être livrées, et depuis quelle distance ?
Sources
- Office cantonal des transports : Transport professionnel de personnes, de marchandises et de services, États généraux des mobilités (septembre 2023)
- La Poste suisse transporte des échantillons de laboratoire par drone (Juin 2022)
- Banque des Territoires : Albi installe des maraîchers sur des friches urbaines (octobre 2016)
- Reporterre : L’autosuffisance alimentaire à Albi ? Dommage, c’est du pipeau (2018)